Article · 20 octobre 2026
Mise en conformité du règlement de copropriété avec la loi ELAN : ce qu'il reste à faire depuis la loi 3DS
En bref : depuis la loi 3DS du 21 février 2022, plus de date butoir. Pour un immeuble mis en copropriété avant le 1er juillet 2022, le syndicat inscrit à chaque assemblée la mention des parties communes spéciales, à jouissance privative et des lots transitoires, votée à la majorité de l'article 24. L'absence de mention ne supprime pas ces droits.
Sources vérifiées le 20 octobre 2026 sur Légifrance : articles 206 et 209 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (loi ELAN) dans leur version issue de l'article 89 de la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 (loi 3DS), en vigueur depuis le 23 février 2022, et articles 1er, 6-2, 6-3, 6-4, 8, 13, 24 et 43 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
Ce que la loi ELAN a imposé en 2018
La loi ELAN a inscrit dans la loi du 10 juillet 1965 trois notions jusque-là laissées à la pratique et à la jurisprudence. L'article 6-2 définit les parties communes spéciales comme celles affectées à l'usage ou à l'utilité de plusieurs copropriétaires. L'article 6-3 définit les parties communes à jouissance privative comme celles affectées à l'usage ou à l'utilité exclusifs d'un lot, le droit étant nécessairement attaché au lot. L'article 1er encadre le lot transitoire, formé d'une partie privative constituée d'un droit de construire et d'une quote-part de parties communes, dont la création et la consistance sont stipulées dans le règlement.
L'article 6-4 subordonne l'existence des parties communes spéciales et à jouissance privative à leur mention expresse dans le règlement de copropriété, et l'article 8 impose au règlement de les énumérer s'il y a lieu. Dans sa rédaction de 2018, l'article 209 II laissait aux syndicats trois ans à compter de la promulgation pour mettre leur règlement en conformité, soit jusqu'au 23 novembre 2021.
Ce que la loi 3DS a changé en 2022
L'article 89 de la loi 3DS a réécrit les articles 206 II et 209 II de la loi ELAN. Le texte en vigueur distingue désormais deux catégories d'immeubles.
- Immeubles mis en copropriété après le 1er juillet 2022 : les articles 1er (lot transitoire) et 6-4 s'appliquent pleinement. Sans mention dans le règlement, la partie commune spéciale ou à jouissance privative n'existe pas.
- Immeubles mis en copropriété avant cette date : lorsque le règlement ne mentionne pas les parties communes spéciales ou à jouissance privative existantes, ou la consistance des lots transitoires existants, le syndicat inscrit la question de cette mention à l'ordre du jour de chaque assemblée générale.
- Dans les deux articles, le texte précise que l'absence de mention est sans conséquence sur l'existence de ces parties communes ou de ce lot.
Réputé non écrit ou pas ? La conséquence réelle
Pour les copropriétés antérieures au 1er juillet 2022, la réponse est donnée par le texte : un droit de jouissance privative ou une partie commune spéciale non mentionné n'est pas supprimé par le seul effet de la loi.
Le risque n'a pas disparu pour autant. L'article 43 de la loi de 1965 répute non écrites les clauses contraires notamment aux articles 6 à 37, ce qui inclut les articles 6-2 à 6-4 et 8. Une clause de charges spéciales mal rattachée ou un droit de jouissance consenti à une personne plutôt qu'à un lot reste contestable. Tant que le règlement est silencieux ou ambigu, chaque litige sur la répartition des charges ou sur l'usage d'une cour oblige à reconstituer l'historique : la mise en conformité reste le moyen de sécuriser ces droits.
La majorité et l'ordre du jour
Les articles 206 II et 209 II prévoient que la décision est prise à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. C'est la formule de l'article 24 I de la loi de 1965 : pas de majorité absolue de l'article 25, pas de double majorité. Pour situer ce vote parmi les autres, consultez notre page sur les majorités d'assemblée générale.
L'obligation pèse sur le syndicat et se répète : la question revient à chaque assemblée générale tant que la mention manque. Concrètement, c'est le syndic qui l'inscrit. Une résolution rejetée une année doit donc réapparaître l'année suivante. Le vote porte sur la mention de droits existants : il ne permet pas de créer une nouvelle jouissance privative ou de modifier la répartition des charges, qui relèvent d'autres majorités et d'autres règles (voir notre page sur la répartition des charges).
Notaire, géomètre, publication : le coût
La modification adoptée doit être publiée au fichier immobilier : selon l'article 13 de la loi de 1965, le règlement et ses modifications ne sont opposables aux ayants cause à titre particulier, c'est-à-dire aux futurs acquéreurs, qu'à dater de leur publication. Cette publication passe par un acte notarié.
En amont, un juriste ou un géomètre-expert relit le règlement et l'état descriptif, identifie les droits existants et rédige le projet de modificatif. Le coût dépend du nombre de lots, de l'ancienneté du règlement et du nombre de droits à reprendre : demandez des devis avant l'assemblée et présentez-les en annexe de la résolution plutôt que d'annoncer un montant.
Ce qu'un agent IA prépare
Un agent IA sur mesure ne tranche pas la qualification d'un droit. Il prépare, le syndic vérifie et décide.
Concrètement, il relit le règlement et ses modificatifs pour repérer les jardins, terrasses, cours et parkings attribués à un lot, les charges spéciales par bâtiment ou par escalier et les droits de construire non mentionnés, puis dresse un tableau copropriété par copropriété. Il rédige le projet de résolution avec la bonne majorité, vérifie qu'elle figure à chaque ordre du jour tant que la mention manque et prépare les demandes de devis au notaire et au géomètre. Pour mesurer ce qu'un tel agent apporterait à votre cabinet, le diagnostic gratuit de DIAA se fait en cinq minutes en ligne.
Questions fréquentes
Le délai du 23 novembre 2021 s'applique-t-il encore ?
Non. Depuis la loi 3DS du 21 février 2022, les articles 206 II et 209 II de la loi ELAN ne fixent plus de date limite pour les immeubles mis en copropriété avant le 1er juillet 2022. Le syndicat inscrit la question à chaque assemblée générale tant que la mention manque.
Un droit de jouissance privative non mentionné est-il perdu ?
Pas pour un immeuble mis en copropriété avant le 1er juillet 2022 : l'article 209 II précise que l'absence de mention est sans conséquence sur l'existence de ces parties communes. Pour un immeuble mis en copropriété après cette date, la mention expresse de l'article 6-4 est une condition d'existence.
Quelle majorité pour mettre le règlement en conformité ?
La majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance, c'est-à-dire la majorité de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965.
Faut-il publier la modification du règlement ?
Oui. L'article 13 de la loi de 1965 rend le règlement et ses modifications opposables aux acquéreurs de lots seulement à partir de leur publication au fichier immobilier, ce qui suppose un acte notarié.
Et concrètement, pour votre cabinet ?
Notre agent de diagnostic identifie vos 3 gisements IA prioritaires en 5 minutes, gratuitement et sans rendez-vous.
Faire le diagnostic gratuitÀ lire ensuite
Majorités en assemblée générale de copropriété : articles 24, 25, 26 et unanimité, le tableau et le calcul
Majorités en AG de copropriété : articles 24, 25, 26 et unanimité, exemples de décisions, calcul sur 10 000 tantièmes et réduction des voix de l'article 22.
Répartition des charges de copropriété : tantièmes et utilité
Charges générales réparties aux tantièmes, charges spéciales selon l'utilité objective, article 10 de la loi de 1965, contestation et rôle du syndic.
Meublés de tourisme en copropriété : interdiction à la majorité de l'article 26, déclaration au syndic et règlement depuis la loi Le Meur
Meublés de tourisme en copropriété et loi Le Meur : interdiction votée à l'article 26 avec clause d'habitation bourgeoise, information du syndic, règlement.